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La langue
bretonne est une langue celtique dérivée de l'Indo-Européen. Les
langues celtiques modernes sont:
Branche gaélique:
le Gaélique d'Irlande
le Gaélique d'Ecosse
le Gaélique de l'Ile de Man
Branche brittonique:
le Breton (Bretagne)
le Cornique (Cornouailles insulaires)
le Gallois (Pays de Galles)
Langue et histoire
Le breton est issu des langues indo-européennes
Comme les
Germains, les Latins, les Grecs, les Slaves, les Perses et les habitants
du Nord de l’Inde, les Celtes parlaient une langue dérivée d’une
langue commune plus ancienne appelée « indo-européen » du
fait de son extension géographique. Le sanscrit en représente sans
doute actuellement l’image la plus proche.
Cette langue
parlée il y a 4000 ans et dont on ne possède aucun texte écrit s’était
répandue au cours des siècles sur presque toute la surface de l’Europe
et jusqu’aux extrémités de l’Inde et s’était imposée peu à
peu, au hasard des guerres, des invasions et du commerce, à toutes
sortes de peuples et de populations différents.
Le breton est une langue celtique
Une
population indo-européenne, vraisemblablement établie dans le
territoire situé entre le Rhin, le Danube et le Main, s’est distinguée
il y a quelque 3000 ans par son activité économique et par son art. Ce
peuple a été nommé Keltae par les Grecs et Galli par les Romains. Il
a occupé ensuite tout le nord de l’Europe, et s’est mêlé aux
populations locales. C’est de ce mélange que sont issus les peuples
que nous désignons aujourd’hui sous le nom de peuples celtiques. Ils
ont apporté leur civilisation et leur langue, que nous désignons
« vieux celtique », à une grande partie de l’Europe,
depuis l’Irlande jusqu’à l’extrémité de la péninsule ibérique
et à la Mer Noire.
Ce monde
celtique va se résorber sous la pression des Germains au nord et des
Latins au sud. La langue celtique continentale ne va cesser de reculer
pour finir par s’éteindre dans les vallées de l’Helvétie aux
environs de l’an 1000 de notre ère. Cependant, elle reste bien
vivante dans les Îles Britanniques, où vivent deux peuples celtes, les
Brittons et les Gaëls, parlant des dialectes celtiques différents. Du
gaélique seront issus l’irlandais, le gaélique d’Ecosse et le
mannois. Le brittonique donnera le breton, le cornique et le gallois.
Du Vème au VIIème siècle, des Brittons de l’île de Bretagne, chassés
par les envahisseurs anglo-saxons, émigrent en masse vers la péninsule
armoricaine.
On distingue
généralement dans l’Histoire de la Langue Bretonne trois grandes étapes :
Le breton des rois
Avant l’an
1000, c’est l’époque du Vieux Breton, le breton de Nominoe, tel qu’il s’est constitué peu
à peu après l’établissement des Bretons émigrés et leur fusion
avec les Celtes armoricains dans la péninsule.
Au IXème siècle, la dynastie de Nominoë marque l’apogée de la
nation bretonne et l’extrême avancée de sa langue. Le breton
progresse à l’est, entreprend la conquête des pays de Rennes et de
Nantes. Vers 1050, il se trouve dans sa phase d’expansion maximale, on
le parle jusque dans la baie du Mont-Saint-Michel et dans la région de
Saint-Nazaire.
Il est encore
tout proche du Breton des Iles, surtout du Cornique mais aussi du
Gallois : langue presque purement celtique si l’on fait
abstraction de quelques emprunts latins anciens, parfaitement assimilés,
vestiges de l’occupation romaine en Grande-Bretagne. Elle exprime la réalité
de l’État Breton, Royaume indépendant et purement celtique, même
s’il renferme encore dans ses frontières des régions où les
populations déceltisées parlent encore des dialectes romans issus du
latin en décomposition. Le breton est la langue de la majorité de la
population et des classes dirigeantes, langue de culture et langue
juridique comme le Gallois de Hywell Dda, langue des forces vives de la
nation.
La toponymie et les patronymes voient le jour.
Le breton des ducs
C’est le
Moyen Breton, de l’an 1000 au XVIIème siècle. Il est né après la grande invasion normande qui a
retourné et labouré le pays.
Les invasions normandes mettent à mal l’unité bretonne. La langue
bretonne est abandonnée comme langue officielle par le duché de
Bretagne dès le Haut Moyen-Âge, au profit du français. Le breton
recule peu à peu vers l’ouest.
Les classes
dirigeantes, nobles et moines, qui ont dû fuir le pays reviennent après
trente ans d’exil, sérieusement francisées.
La Bretagne
reste certes un état souverain, distinct de la France et de l’Angleterre
mais sa langue officielle, celle de la Cour et de l’Administration,
puis peu à peu de l’ensemble de la bourgeoisie, devient le français.
Cependant, le
breton se maintient parallèlement, toujours parlé par le peuple, la
noblesse rurale et les petites villes et reste une langue littéraire,
mais il va amorcer une évolution assez analogue à celle de l’anglais
au cours de la même période.
Quoique sa
syntaxe reste très celtique, il va subir fortement l’influence du
français, surtout dans son vocabulaire et aussi dans son orthographe.
Si le breton
était devenu la langue officielle du Duché à cette époque, il est
probable qu’il aurait conservé cette forme hybride de langue
celto-romane comme l’anglais est devenu une langue germano-romane est
non plus purement germanique. Cette forme de breton correspond à la période
ducale mais s’est perpétuée également après la perte de l’Indépendance
et la disparition de notre État dont une partie des structures se
maintiennent cependant pendant le période d’autonomie qui ne s’achèvera
qu’avec la Révolution Française, alors que les classes dirigeantes
continuent à abandonner leur langue pour passer au français. Il faut
bien faire remarquer que le Moyen Breton est une langue littéraire et
une langue unifiée, pas une langue populaire. Les dialectes existent,
bien sûr, mais n’ont pas d’expression écrite.
Le breton moderne
C’est au
milieu du XVIIème siècle, exactement en 1659, qu’une révolution se
produit avec l’adoption par le Père Maunoir d’une nouvelle
orthographe plus proche de la langue parlée et qui marque pour la première
fois les mutations consonantiques, rompant également avec la tradition
littéraire ancienne, notamment avec le système prosodique celtique
d’allitérations et de rimes internes analogue aux systèmes employés
au Pays de Galles (et aussi en Irlande) et dont les racines plongeaient
dans le plus lointain passé avant la division de l’ancien Britonnique
en langues distinctes. Le breton va devenir alors une langue purement
populaire.
La conséquence
de l’adoption de ce système va être la rupture de l’unité de la
langue, chacun ayant tendance désormais à écrire de la façon dont on
parle dans sa région. C’est ainsi qu’on aboutit à une littérature
dialectale d’expression léonarde, trégorroise, cornouaillaise et
surtout vannetaise.
Cependant, ce
retour aux sources vives de la langue parlée, restée souvent beaucoup
plus celtique dans sa structure et aussi dans son vocabulaire que le
Moyen Breton écrit, est aussi un bain de jouvence.
Les
grammairiens et écrivains du XIXème siècle (Le Gonidec), puis du XXème
siècle (Ernault, Vallée, Mordiern) vont s’efforcer de retrouver
l’unité perdue en s’appuyant d’une part sur le breton parlé,
principalement du Léon, et d’autre part ils poursuivent et accentuent
l’effort entrepris déjà au XVIIIème siècle par Dom Le Pelletier en
s’efforçant d’éliminer au maximum de la langue les emprunts français
surabondants des siècles derniers, puisant pour l’enrichir dans le
breton ancien, les dialectes et aussi le gallois, n’hésitant pas à
former de nombreux néologismes à l’aide de racines bretonnes.
Ils vont
forger ainsi peu à peu une nouvelle langue littéraire de style
nettement celtique. C’est le Breton Moderne qui, quoique comportant
encore un nombre important de mots d’origine latine ou française,
apparaît comme une langue relativement « pure » et non
hybride comme le Moyen Breton ou l’anglais.
Le breton,
persécuté systématiquement depuis l’époque de la Révolution Française,
réussit cependant à survivre. Aujourd’hui, la langue bretonne, alors
que son usage régresse dans les campagnes, redevient une langue de
culture, adaptée à la civilisation urbaine du XXIème siècle.
L’enseignement du breton à l’université, les écoles Diwan où le
breton est utilisé dès la maternelle, les classes bilingues publiques
Divyezh, les classes Dihun dans le secteur privé ainsi que la volonté
des brittophones de parler leur langue au quotidien, la revitalisent.
Quelques radios et télévisions proposent des programmes en breton mais
à ce jour, il n’y a, malgré une forte demande, ni radio ni télévision
publiques sur le territoire de la Bretagne. Il existe cependant des
journaux, magazines et maisons d’édition, ainsi que des troupes de théâtre.
L’Office de la Langue Bretonne, créée en 1999, met en oeuvre des
actions à entreprendre pour la promotion et le développement de la
langue dans la vie sociale et publique. Il faut noter que la France
n’a toujours pas ratifié la Charte Européenne des Langues
Minoritaires en 2008.
On peut
aujourd’hui estimer à 350 000 le nombre de brittophones, dont 206.000
personnes parlant le breton quotidiennement.
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